Blog-notes d’un jeune adjoint au Maire, Ã Bures-sur-Yvette (91)
Martin Hirsch a dévoilé aujourd’hui son Livre Vert pour la Jeunesse. Un document attendu qui se révèle malheureusement décevant. S’il souligne avec justesse les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes français, il ne propose que peu de mesures concrètes, dont la mise en Å“uvre s’échelonne sur un laps de temps bien trop étendu.
Des pistes qui font consensus. Martin Hirsch n’a retenu que les éléments qui faisaient consensus au sein de sa commission de concertation. Ceci explique sûrement qu’une partie de ses propositions soient proches de celles formulées par la Commission nationale Jeunesse du MoDem, il y a déjà trois semaines. On ne peut que s’en féliciter et apprécier notamment : la demande faite aux établissements d’enseignement supérieur de publier leurs résultats d’insertion professionnelle, la volonté de créer un service public de l’orientation, le souhait que soient mieux reconnus les acquis même partiels obtenus par les jeunes au fil de leur scolarité, ou encore la proposition de mettre davantage en cohérence les acteurs de terrain qui travaillent à l’insertion socio-professionnelle des jeunes. Ces éléments représentent des avancées notables, qui devront toutefois se traduire par des actes.
85 pages… de flou. S’il comprend des points positifs, le Livre vert reste malheureusement bien plus épais sur la forme que sur le fond. Il fait la part belle au constat et à la mise en situation, qui occupent la majeure partie de ses pages. Difficile dans tout cela, de trouver les mesures concrètes qui pourraient pallier les problèmes quotidiens que rencontrent actuellement les jeunes français. Bien sûr, il y a 57 propositions. Mais elles ressemblent davantage à un inventaire à la Prévert, sans véritable hiérarchie ni priorisation, qu’à un Plan global pour la Jeunesse. Leurs titres s’apparentent d’ailleurs à une accumulation de bonnes intentions, qu’on ne saurait contredire : « Reconnaître un droit à tous les élèves, apprentis et étudiants à une information impartiale et homogène sur les débouchés », « Mieux préparer les transitions », « Accompagner la recherche d’emploi des jeunes diplômés qui ont le plus faible réseau relationnel », …
Un calendrier trop étendu. Au-delà du manque de précisions, le calendrier annoncé est décevant. Ce livre s’attache à résoudre des problèmes que les jeunes de notre pays rencontrent au quotidien. Ceux-ci obligent à des mesures immédiates ou du moins à brève échéance. Le timing proposé par Martin Hirsch s’échelonne lui sur six années, de 2010 à 2015. Un laps de temps d’autant plus conséquent qu’il s’agit seulement d’appliquer des « pansements », qui ne seront peut être plus d’actualité d’ici là . C’est l’extrême opposé d’une politique volontariste ! Nous pouvons dès lors nous demander combien d’années seront nécessaires pour s’attaquer aux vraies réformes structurelles : celle qui permettront d’éviter, en amont, que les difficultés ne surviennent.
La crainte d’un désengagement de l’État. Enfin, et c’est le plus inquiétant, de nombreuses propositions demandent davantage d’investissement aux acteurs locaux, sans garantie aucune de moyens supplémentaires. Les collectivités territoriales, qu’il s’agisse des villes ou des conseils généraux et régionaux, se voient attribuer de nouvelles compétences et responsabilités. Les missions locales et les autres structures de terrain, voient également leurs prérogatives élargies. On fait même appel – encore une fois – au volontariat des enseignants ! Cela au moment même où beaucoup de ces acteurs subissent le gel ou la baisse de leurs crédits et subventions, et que les services décentralisés qui Å“uvrent pour la Jeunesse (DDJS, DRDJS) sont démantelés. On l’aura compris : si nouvelles mesures il y a, elles devront représenter un coût minimal pour l’État.
Beaucoup de com’ pour rien ? Ce Livre vert s’est fait terriblement attendre. Sa publication fut reportée tout au long du mois de juin, ajoutant au suspens. Au vu du résultat, on peut toutefois s’interroger : y aurait-il eu beaucoup de bruit pour rien ? L’interminable recherche du compromis par Martin Hirsch a conduit à des consensus mous, qui ne promettent pas de faire beaucoup avancer les choses ou qui sont formulés de manière tellement alambiquée qu’ils laissent les mains libres au gouvernement pour les interpréter comme bon lui semblera. Le Haut Commissaire a expliqué qu’une série de mesures, tirées de ce document, seront soumises à la rentrée au Parlement. Il faudra attendre cette date pour véritablement connaître la politique de Jeunesse que souhaite mettre en Å“uvre Nicolas Sarkozy et son gouvernement.
Pour celles et ceux qui n’ont pas encore lu le Livre vert de Martin Hirsch, celui-ci est consultable ici. Et si vous souhaitez faire la comparaison, découvrez le Livre orange pour la Jeunesse, publié par le MoDem, certes beaucoup plus court (8 pages) mais sûrement beaucoup plus concret.
A la veille de la parution du Livre Vert de Martin Hirsch, le Mouvement Démocrate publie son Livre orange pour la Jeunesse. Il défend la mise en place d’un Plan global et transversal, fondé sur 40 propositions. Preuve qu’il est possible d’agir concrètement pour les jeunes générations de notre pays.
Redonner confiance aux générations montantes. La crise qui touche aujourd’hui la France nécessite, plus que jamais, la construction d’un projet politique ambitieux qui adresse un message fort de reconnaissance et de confiance aux générations montantes. Ce projet doit être à la fois transversal et fondé sur une vision d’ensemble. Il doit permettre aux jeunes de s’intégrer durablement à notre société mais aussi d’en devenir, demain, des acteurs à part entière.
Aboutir à une Politique Jeunesse ambitieuse. C’est à ce travail que s’est attelé, depuis plusieurs mois, la Commission thématique nationale Jeunesse du Mouvement Démocrate initiée par Corinne Lepage (vice-présidente du MoDem et présidente de Cap21) avec l’aide des Jeunes Démocrates. Le Livre orange pour la Jeunesse est la synthèse de leurs réflexions. Il regroupe 40 propositions très concrètes, déclinées dans dix domaines aussi variés que l’Emploi, l’Orientation, la Santé, le Logement et la Citoyenneté. regroupe
Dépasser la parodie de concertation. Depuis 2007, aucune Politique Jeunesse proprement dite n’a vu le jour. La commission de concertation, animée par le Haut Commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch, n’a pas eu les moyens de ses ambitions. Calendrier de travail minimaliste, travaux portant davantage sur le constat que sur les solutions à apporter : ses membres, notamment associatifs, ont plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme.