Blog-notes d’un jeune adjoint au Maire, Ã Bures-sur-Yvette (91)
Mercredi 3 mars, Alain Dolium, tête de liste MoDem en Ile-de-France, passe la journée en Essonne (91), en compagnie de Jean-François Vigier, chef de file départemental.
Les candidats démocrates se déplaceront notamment sur le Plateau de Saclay pour dénoncer le vaste projet d’urbanisation, défendu par l’Etat et largement soutenu par la Gauche départementale. Ils rencontreront à cette occasion des chercheurs, entrepreneurs et agriculteurs, afin d’avoir une vision d’ensemble des problématiques soulevées par l’Opération d’Intérêt National.
Programme de la matinée :
- 8h, arrivée en RER à la gare de Yerres, rencontre de la population
- 9h30, présence sur le marché à Epinay-sous-Sénart
- 10h30, visite de la Maison de l’emploi du Val d’Yerres
- 11 h 45, visite d’un restaurant d’application (entreprise d’insertion) à Viry-Châtillon
Programme de l’après-midi consacrée à l’Opération d’Intérêt National :
- 15h, visite du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES)
Rencontre avec M. Chapuisat, Président. Bâtiment Euripide, Les Algorithmes, Saint-Aubin.
- 16h30, table-ronde avec des entrepreneurs du parc d’activités de Courtaboeuf
- 18h, visite de la ferme Vandame à Saint-Aubin, et rencontre avec des agriculteurs
Je tiens à m’excuser auprès de celles et ceux qui ont posté des commentaires ces dernières semaines, dont la mise en ligne n’est intervenue que ce soir. Ceux-ci avaient été classés automatiquement dans la catégorie des spams. Ce souci technique est désormais réglé.
Merci à toutes et à tous de vos visites régulières sur ce blog et de vos messages d’amitié. Vous êtes de plus en plus nombreux. La barre des 1600 visiteurs uniques vient d’ailleurs d’être franchie.
Nicolas Sarkozy vient d’annoncer, ce vendredi 24 avril, une série de mesures en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes. Celles-ci se résument une fois encore à des aides fiscales massives faites aux entreprises, au point d’en oublier les réels problèmes rencontrés par les jeunes.
L’Etat débourse 1,3 milliard d’euros. Près de 500 000 jeunes supplémentaires seront accompagnés vers l’emploi, d’ici juin 2010. Tout d’abord grâce au contrat d’apprentissage : 25 % de plus seront signés dans les prochains mois, pour rattraper le retard sur les objectifs 2009, auxquels s’ajouteront 35 000 contrats supplémentaires d’ici un an. Même chose pour le contrat de professionnalisation : 30 000 de plus devront être signés d’ici juin 2010.
Nombreux cadeaux fiscaux. Un dispositif « zéro charge » est mis en place pour inciter les entreprises à jouer le jeu. Suivi de nombreux autres bonus : 1 800 euros de prime pour chaque entreprise de moins de 50 salariés qui recrute un apprenti supplémentaire,  1 000 à 2 000 euros pour l’embauche en contrat de professionnalisation de jeunes de moins de 26 ans, 3 000 euros pour la conversion d’un stage en CDI, … Nicolas Sarkozy semble avoir choisi la politique de la carotte, plutôt que celle du bâton, pour convaincre les entrepreneurs français. Mais la plupart du temps, sans faire le distinguo entre les TPE, les PME et les grandes entreprises.
Développement de la formation professionnelle. Le président de la République souhaite que « l’argent public paye la formation, pas le chômage ». Il prend notamment l’engagement que « chaque apprenti en situation de rupture puisse trouver un nouvel employeur. On ne laissera tomber personne ». Dès la rentrée, 50 000 places supplémentaires dans les programmes de formation seront également réservées aux jeunes inscrits au Pôle Emploi. Ceux-ci auront le statut et la rémunération de stagiaires de la formation professionnelle, ce qui ne règle rien à la précarité. Cette formation devra déboucher sur une certification ou l’accès à un emploi durable. Nicolas Sarkozy a également annoncé le doublement des places en école de la 2ème chance : de 4 200 à « 10 000 d’ici fin 2010 ». Pour le moment, elles ne sont toutefois présentes que sur un quart du territoire.
Les stages revalorisés. « Je suis très favorable aux stages, ils permettent aux étudiants d’avoir des expériences complémentaires de leur formation théorique. Mais les stages restent trop souvent un sas que les diplômés n’arrivent pas à passer. » En complément de la prime aux entreprises qui convertissent un stage en CDI, le président a annoncé que la gratification des stages deviendrait obligatoire dès deux mois, contre trois auparavant. Une mesure qui s’applique « sans délai » à la fonction publique.
30 000  contrats aidés. Ils seront en priorité affectés aux collectivités locales et financés à 90 % par l’Etat pendant 12 mois. Un coup de pouce temporaire donc, sans d’ailleurs préciser s’il s’agira de CDI ou de CDD. Leur objectif semble être d’apporter aux jeunes une première expérience professionnelle dans le secteur non marchand, qui sera ensuite transférable au secteur marchand.
Pas d’aide directe aux jeunes. La priorité n’a finalement ni été donnée aux 150 000 jeunes qui quittent chaque année le système éducatif sans diplôme ni qualification, ni plus largement aux 21% des jeunes français touchés par le chômage. Nicolas Sarkozy a préféré, une fois encore, soutenir unilatéralement les entreprises. Pourtant, de nombreux jeunes en situations précaires, voient leurs difficultés s’accroître considérablement en cette période de crise économique.
Je pense notamment à quatre mesures que nous avions eu l’occasion d’aborder en réunion de la Commission nationale Jeunesse du Mouvement Démocrate et qui permettraient une amélioration à la fois rapide et durable des conditions de vie des moins de 25 ans les plus en difficulté :
Créer un compte épargne crise. Cette mesure avait été proposée par François Bayrou dès les prémices de la crise économique. Les jeunes en situation précaire mériteraient de pouvoir bénéficier d’un compte épargne crise de 1 000 euros chacun, qui leur permette de faire face aux difficultés économiques et de subvenir à leurs besoins : loyer, alimentation, soins, …
Réformer la formation continue. Elle concerne actuellement un public restreint qui ne semble pas prioritaire. Son coût est particulièrement élevé. L’Etat pourrait l’ouvrir aux jeunes qui multiplient les contrats précaires ou de courte durée, afin de les mener vers une situation professionnelle stable.
Elaborer un dispositif spécifique d’accès à l’emploi. Le RSA ne concerne pas les jeunes entre 18 et 25 ans. L’Etat pourrait concevoir un dispositif spécifique adapté à cette tranche d’âge, avec une dynamique renforcée d’accès ou de retour à l’emploi. Il permettrait à chaque jeune de prendre le temps d’une insertion socioprofessionnelle durable, tout en ayant en attendant les moyens suffisants pour subsister.
Développer la VAE. La validation des acquis de l’expérience permet d’identifier et de certifier les compétences acquises par les jeunes engagés dans un projet associatif. Ce processus de validation est aujourd’hui complexe, contraignant et payant. Il faudrait le simplifier, le généraliser et le rendre accessible gratuitement aux jeunes générations. Il leur permettrait d’être mieux armés pour s’insérer ensuite sur le marché du travail, notamment en cas de développement prochain du service civique.
Un énième « plan Entreprises ». Le « plan Jeunes » annoncé est finalement un énième « plan Entreprises ». Même s’il met en place des dispositifs aux avancées notables, Nicolas Sarkozy se borne à penser que mener une politique jeunesse, c’est faire des propositions en matière d’emploi. La crise économique, qui touche aujourd’hui notre pays, aurait pourtant dû le conduire à proposer non seulement des mesures pour permettre l’insertion professionnelle des jeunes, mais aussi leur accès au logement, aux soins, à la culture et aux loisirs. Cette accumulation de cadeaux fiscaux ne règle donc en rien le mal-être et la contestation qui montent aujourd’hui dans notre pays.
Les annonces du président de la République ne font que démontrer une fois de plus en quoi lui, ses ministres et ses conseillers sont déconnectés des attentes et des préoccupations réelles des jeunes générations.
Les jeunes engagés dans des actions sociales et solidaires, séduisent de plus en plus les entreprises. Par leur investissement bénévole, ils ont en effet développé des compétences complémentaires de celles qui s’acquièrent au fil d’un cursus académique. Leur adaptabilité, leurs sens de l’esprit d’équipe et des responsabilités, en font des candidats atypiques et de qualité. Christian Leroy, directeur des ressources humaines du groupe Flunch, en témoigne.
Engagé aujourd’hui, dynamique demain. “Tous nos restaurants, sans exception, ont un comité d’établissement avec des représentants du personnel. Devinez qui nous retrouvons principalement à ces postes ? Des personnes qui ont eu, par le passé, des engagements solidaires et qui sont, aujourd’hui, les moteurs du mieux vivre dans l’entreprise.
Cela explique pourquoi nous attachons tant d’importance à un jeune qui a une expérience de bénévole dans une association comme l’Afev [Ndlr : qui organise des campagnes d'accompagnement à la scolarité : un étudiant pou un jeune en difficulté]. Il a su développer par ce biais des compétences comme l’ouverture aux autres et le sens du travail en équipe. Cela crée une dynamique, un esprit de solidarité, qui contribuent à la cohésion de nos salariés et dont nos clients sont les premiers bénéficiaires.”
C’est lui que je recrute. “Le monde s’apprête aujourd’hui à passer un cap, en tournant la page du capitalisme financier débridé. Nous allons enfin pouvoir libérer les énergies des personnes qui travaillent et nous concentrer sur leurs compétences. Celles et ceux qui ont su s’investir pour la société, qui ont une expérience solidaire, vont être plus reconnus qu’auparavant.
Cet idéal, je le pratique déjà à Flunch. Imaginons que deux candidats frappent à ma porte. L’un a un master, l’autre une licence. Ce dernier est moins bien diplômé, mais m’explique qu’il s’est investi pour les autres, qu’il s’est impliqué dans une association… Sans hésiter, c’est lui que je recrute, car je suis convaincu que nous n’arriverons à aucun développement économique viable sans prendre en compte la solidarité et le sens du collectif.
L’engagement social et solidaire est d’autant plus précieux qu’il est complémentaire aux études universitaires. Depuis vingt-six ans que j’enseigne, j’ai pu m’apercevoir d’une chose essentielle : les mises en situation préparant concrètement à l’insertion sociale et professionnelle n’interviennent que très tardivement dans les cursus. L’étudiant qui donne de son temps aux autres bénéficie bien plus tôt des outils nécessaires à son intégration dans la société.”
Expériences diplômantes. “Voilà pourquoi je milite activement pour qu’il y ait des validations des acquis de l’expérience, pour qu’on ne se borne plus à des diplômes qui ne se basent que sur des référentiels parfois anciens et passifs, pour que le fait de reconnaître l’engagement citoyen devienne enfin diplômant en soit. Ce n’est pas encore gagné, mais nous sommes en train d’aller dans le bon sens. Actuellement, je participe par exemple à la finalisation d’un accord qui permettra aux ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur de transformer les expériences d’engagement en une validation d’acquis qui découlera sur un diplôme.
En attendant, nous pouvons tirer partie de la loi LRU, qui permet d’intégrer une personnalité du monde professionnel dans chaque conseil d’administration. Il nous faut entamer par ce biais des rapprochements entre les entreprises et l’enseignement supérieur. Mais cela ne peut se faire sans des gens ouverts, qui acceptent de ne plus s’ignorer profondément et se mettent enfin à travailler ensemble.”
Propos que j’ai recueillis pour le magazine Volontaires (num° 16 - nov 2008) de l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV).