août
31
Filed Under (En France) by matthieulamarre on 31-08-2009

Une petite brève, pour reprendre le rythme en ce retour de vacances…

Martine Aubry a profité de l’Université d’été du PS pour faire une annonce courageuse : la fin du cumul des mandats pour les élus de son Parti. Cela ne concernera pas les élections régionales, ni les personnes qui cumulent déjà plusieurs fonctions et pourront attendre tranquillement la fin de leurs mandats (Laurent Fabius, Jean-Louis Bianco, François Rebsabem, Arnaud Montebourg, …). Mais ça reste un engagement fort en matière de renouvellement politique.

La réaction de Gérard Collomb, Sénateur-Maire socialiste de Lyon, mérite que l’on s’y attarde : “Un vice-président de la Communauté urbaine de Lyon gagne environ 1 800 euros par mois. S’il n’a que ce mandat, cela va être dur de trouver des volontaires…”

Amusant - et un peu triste - à entendre quand on sait que la France compte actuellement 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, 2,5 millions de chômeurs et 3,5 millions de travailleurs qui touchent le SMIC.

Belle façon de montrer à quel point le PS estime les familles modestes et est conscient des difficultés financières de nombreux Français !

août
12
Filed Under (En France) by matthieulamarre on 12-08-2009

Courant septembre, Nicolas Sarkozy devrait annoncer un Plan Jeunes emblématique afin de répondre aux nombreuses difficultés rencontrées par les 18-30 ans. Suite logique du Livre Vert de Martin Hirsch, celui-ci donnera lieu à un projet de loi soumis au vote du Parlement. Enième coup de communication ou véritable ambition de politique Jeunesse ?

Plan Jeunes, bis repetita. En 2009, la Jeunesse a décidément bon dos. Manifestations virulentes cet hiver face au projet de réforme du lycée… création, en janvier, d’un Haut Commissariat à la Jeunesse attribué à un ministre d’ouverture et report de la réforme tant décriée. Grèves de grande ampleur dans les universités au printemps… annonce, fin avril, d’un « Plan pour l’emploi des Jeunes » réputé anti-crise. En parallèle, la fameuse Commission de concertation sur les politiques de Jeunesse, censée montrer que le gouvernement s’intéresse à l’avenir des jeunes générations.

Puis les lycéens et les étudiants ont calmé leurs ardeurs. Examens et vacances d’été obligent. Les rues sont redevenues calmes, les médias se sont mis à parler des européennes puis de la météo des plages. Au point que Martin Hirsch fut beaucoup moins pressé de dévoiler son Livre Vert, publié discrètement le 7 juillet bien qu’annoncé pour la mi-juin. Un rapport pour lequel François Fillon et Nicolas Sarkozy n’ont guère manifesté d’intérêt.

Mais voilà, septembre arrive à grand pas. La valse des réformes, certes moins agitée qu’au début du quinquennat, va inexorablement reprendre. Faut-il craindre le retour de la contestation populaire, en particulier des jeunes ? L’Élysée s’en inquiète, surtout à quelques mois des élections régionales ! Bien sûr, l’UMP ne pourra pas faire pire qu’en 2004, où elles n’avait obtenu de majorité que dans deux régions sur vingt-deux. Mais si elle souhaite accabler le PS d’une nouvelle défaite et se placer en pôle position pour la prochaine présidentielle, elle doit absolument « caresser l’électeur dans le sens du poil ». L’une des solutions est toute trouvée : annoncer un énième Plan pour la Jeunesse !

Communiquer plutôt qu’agir. Qu’on se le dise : la seule ambition de ce nouveau Plan sera de réaliser un bon coup de communication. Pas la peine d’espérer des mesures révolutionnaires, ni l’application des plus pertinentes propositions du Livre Vert. Au mieux, nous aurons quelques « mesurettes ». Mais attention : des « mesurettes » très vendeuses.

A la mi-août, la principale option retenue semble être celle d’un « livret de compétences » obligatoire. Ce dispositif, censé être innovant, permettra aux jeunes de « valoriser leurs compétences, leurs potentialités et leurs capacités », notamment auprès des recruteurs. Martin Hirsch souligne que ce document « aurait vocation à relever les points forts de chaque élève et à faire en sorte qu’aucun jeune ne soit considéré comme bon à rien ».

Problème : ce n’est ni nouveau, ni pertinent en l’état actuel des choses. Ce livret n’est qu’une version relookée du « passeport de l’engagement » mis en place par Jean-François Lamour en 2005. Celui-ci existe toujours et se présente comme « un livret personnel, permettant à chaque jeune de consigner l’ensemble des initiatives et engagements réalisés, [qui] peut être utilisé à l’occasion d’un entretien d’embauche ou dans le cadre d’une validation d’acquis de l’expérience ».

Un gadget peut-être apprécié par les moins de 16 ans, mais qui n’a aucun impact en matière d’insertion professionnelle. D’autant plus qu’il existe déjà de nombreux outils similaires et souvent plus pertinents, comme l’Europass créé en 2004 par la Commission Européenne pour valoriser les expériences bénévoles et professionnelles des jeunes. Celui-ci gagnerait à être connu, plutôt que l’on en invente une pâle copie inadaptée.

La charrue avant les boeufs. Car lancer un « livret de compétences », où chacun puisse faire son inventaire à la Prévert, ne suffit pas. Avant de coucher ses compétences sur le papier, faut-il pouvoir les identifier formellement et les certifier. A défaut de quoi elles ne seront jamais officiellement reconnues par les employeurs.

Or, aucune étude approfondie sur ce sujet n’a été menée en France pour le moment. Aucune grille d’évaluation nationale n’est donc envisageable, et encore moins une certification qui puisse compléter les diplômes acquis ou contribuer à leur obtention. Ces éléments indispensables nécessitent des mois de travaux et de réflexion. Autant dire qu’ils ne seront pas prêts à la rentrée.

Au profit d’un coup politicien, l’Élysée envisage à nouveau de mettre la charrue avant les bÅ“ufs. Quitte à faire dans l’inefficacité.

août
01
Filed Under (Au MoDem, En Ile-de-France) by matthieulamarre on 01-08-2009

81% d’abstention chez les 18-34 ans aux européennes. Ce chiffre aurait du faire l’effet d’une bombe. Il n’a entraîné que de rares articles dans les médias. Ce record historique est pourtant un signal d’alarme qu’il ne faut surtout pas occulter. A huit mois du prochain scrutin, il est même urgent de se pencher sur le problème. Réconcilier les jeunes et la politique : serait-ce le véritable enjeu des élections régionales ?

La défiance du politique. Les jeunes et la politique, c’est l’éternel « je t’aime, moi non plus ». Les premiers ont du mal à voir quel impact aura leur vote, la seconde peine à trouver les mots pour intéresser. Dans les deux cas, force est de constater que ce sont les élus et les mouvements politiques les premiers responsables. Il faut dire que la Jeunesse n’est pas franchement leur préoccupation première…

Hors période électorale, rares sont les partis qui s’adressent aux jeunes. Le gouvernement lui-même fait mine d’ignorer les moins de trente ans. Qui se souvient que Roselyne Bachelot était ministre de la Jeunesse de 2007 à 2009 ? Ses interventions publiques sur ces questions sont presque inexistantes. La Jeunesse n’est finalement confrontée à la politique qu’en période de conflit social. Si les lycéens et les étudiants ne s’étaient pas mobilisés pendant des mois, instillant la crainte d’une radicalisation à l’Exécutif, jamais Martin Hirsch n’aurait été nommé Haut Commissaire. C’est seulement parce que l’Élysée craint que les manifestations ne reprennent à la rentrée, qu’il travaille à l’annonce d’un Plan Jeunes.

Comment, dans ce contexte, ne pas comprendre la défiance des jeunes vis-à-vis de la politique ? Et c’est sans compter les scandales, qui font les choux gras des médias et détériorent un peu plus chaque semaine l’image des élus. C’est sans parler des querelles intestines des partis, qui éclatent au grand jour et nous éloignent toujours un peu plus des préoccupations quotidiennes des citoyens. Dans pareille situation, comment peut-on encore convaincre un jeune d’aller voter ?

Un scrutin difficile à appréhender. En 2004, près de 45 % des 18-34 ans s’étaient abstenus aux régionales. Cette élection a pour défaut sa complexité, avec une proportionnelle partielle à deux tours, une prime majoritaire, des listes à l’échelle de la Région mais sur lesquelles figurent des sections départementales, … Si la décentralisation est entrée dans les mÅ“urs, il reste difficile de cerner les compétences d’un Conseil régional, par rapport à celles de l’État, d’un département ou même d’une commune.

Pas facile pour un primo-électeur de s’y retrouver. Il ne fait donc aucun doute que la campagne devra commencer par un rappel du mode de scrutin et du fonctionnement d’une Région. Un effort didactique trop absent pendant les élections européennes. Et pourtant indispensable, si nous souhaitons que les électeurs aient toutes les cartes en main pour faire leur choix le moment venu, en particulier les plus jeunes.

Mettre en avant la vie quotidienne. Après ces éclaircissements, nous devrons être capable de montrer aux citoyens l’impact des actions du Conseil régional sur leur quotidien. Pour les lycéens, étudiants et jeunes actifs, le champ est vaste ! L’instance a en effet toute liberté de développer une politique Jeunesse ambitieuse, dans bien des domaines. Question ensuite de volonté et de priorités politiques.

Elle est partie prenante dans la gestion des infrastructures scolaires (lycées) et universitaires, dans la formation, l’insertion professionnelle et l’emploi, dans la mobilité (locale mais aussi internationale), dans le logement (parc social, résidences CROUS, …), dans la santé avec la mise en place des Agences régionales de santé (ARS). Sans compter les loisirs, la culture, la vie associative, … Autant de possibilités et de perspectives d’améliorer la vie quotidienne des citoyens. Autant de raisons qui peuvent amener les jeunes électeurs, si elles leur sont expliquées, à mettre un bulletin dans l’urne et à faire ainsi entendre leur voix.

La Jeunesse : véritable enjeu des régionales. Parler aux jeunes ne nécessite pas de publier un programme spécifique à la Jeunesse. Il ne s’agit ni de cloisonner le débat ni de marginaliser les jeunes électeurs. Les candidats doivent en revanche prendre en compte ces problématiques tout au long de la construction de leurs programmes, dans chacune des parties. Il s’agit de remettre ces questions, aussi importantes que les autres, au premier plan. Ceci afin d’en finir avec l’éternel traitement de seconde zone qui laisse entendre aux 18-34 ans que leurs préoccupations ne valent pas la peine d’être défendues. En réhabilitant ces sujets, nous réhabiliterons en même temps les électeurs qu’ils concernent.

Le mouvement politique qui prendra toute la mesure de cet enjeu, sortira vainqueur des élections régionales. Non pas parce qu’il arrivera en tête, mais parce qu’il aura fait l’effort de s’intéresser à la vie d’une partie de la population trop souvent oubliée. Parce qu’il aura redonné goût aux jeunes générations en la chose politique. Parce qu’il aura ainsi porté un message d’avenir et de renouvellement.

J’ai bon espoir, bien évidemment, que ce mouvement politique capable de tant de changements et d’humanisme… ce soit le MoDem.

Fermer
  • Web Social
  • Favoris
  • Email
  • Citer
  • ?
E-mail It
Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
vous pouvez copier et coller le code html ci-dessous dans votre page.



Prévisualisation :
Fin du cumul des mandats ?
Matthieu Lamarre - 31 août 2009
Aide : Share this fr est un plugin multi-fonction permettant de diffuser et partager cet article via les réseaux sociaux les plus courants.
Favoris : permet d'enregistrer et partager l'article sur des sites de favoris/bookmarks.

Web Social : permet de diffuser et faire découvrir l'article via les sites sociaux.
Email : permet de recommander l'article à un ami.
Citer : code html à copier coller sur vos pages pour citer cet article.
Télécharger Share this fr