Blog-notes d’un jeune adjoint au Maire, Ã Bures-sur-Yvette (91)
Hier après-midi se tenait une réunion de réflexion sur la vie étudiante du futur Campus de Saclay, au Pôle universitaire d’ingénierie d’Orsay (PUIO). Cet événement, organisé par l’association Saclay côté étudiants, a regroupé tous les acteurs concernés par ce volet du projet : associations, établissements d’enseignement supérieur, collectivités locales, CROUS, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Mission de préfiguration.
Les étudiants mobilisés. Soucieux de faire entendre leurs préoccupations sur le projet Campus et l’Opération d’intérêt national (OIN) du Plateau de Saclay, les étudiants des différents établissements d’enseignement supérieur et de recherche se sont regroupés début mars, au sein de l’association Saclay côté étudiants.
Celle-ci travaille depuis à la construction d’un document cadre, qui regroupe toutes leurs attentes et leurs demandes pour que le futur Campus de Saclay soit un lieu de vie et d’étude à la fois agréable, pratique et animé. Elle présentait, hier, ses conclusions à ce sujet qui furent ensuite mises au débat.
Rendre le Plateau accessible. Beaucoup de leurs orientations et de leurs préoccupations sont partagées par les collectivités locales. Avant tout, la nécessité d’aménager des voies de circulation et des transports en commun à la hauteur de la demande à venir. Près de 50 000 personnes étudieront ou travailleront à terme sur le Plateau. Il est nécessaire qu’elles puissent se déplacer aisément sur le site, mais aussi qu’elles puissent y accéder et en partir facilement.
Pour cela, il faut non seulement développer l’axe Massy-Saclay mais aussi renforcer les liaisons avec la Vallée, vers Orsay, Bures-sur-Yvette, Gif-sur-Yvette, … Aujourd’hui, le détail de ces aménagements reste inconnu. Nous savons pourtant à quel point ceux-ci sont longs à voir le jour et doivent être anticipés longtemps à l’avance.
La question des logements. Les associations étudiantes souhaitent dans l’idéal qu’un maximum de personnes résident directement sur place. Ceci afin de créer une véritable identité « Saclay ». Pierre Veltz, délégué interministériel en charge du projet pour le Plateau de Saclay estime pour le moment que 11 000 étudiants vivront sur le Campus.
Les villes à proximité sont donc encouragées à développer leur offre de logement, afin de répondre à la demande… des 22 000 étudiants restant ! L’occasion pour moi de rappeler la situation à Bures, à savoir le manque de foncier disponible et la nécessité de concilier les besoins des étudiants avec les besoins du reste des habitants, notamment ceux des familles en difficulté, des jeunes actifs et des personnes âgées à faibles revenus qui rencontre déjà des difficulté pour se loger.
Quant aux espaces libérés à Bures par le déménagement de l’Université Paris-XI, ils font l’objet d’une démarche de concertation dans le cadre de la révision du Plan local d’urbanisme. Ce sont donc les buressois qui décideront de leur devenir. Nous pouvons d’ores et déjà estimer que la population ne choisira ni d’en faire une zone essentiellement consacrée aux start-up, ni un espace uniquement voué à la construction de logements étudiants. Nous devons réfléchir à une mixité, tant sur l’objet des constructions, que sur le type même des logements.
L’autonomie plutôt que l’autarcie. La réunion a aussi été l’occasion de souligner un bémol, depuis corrigé. A vouloir un campus trop parfait, les membres de Saclay côté étudiants en sont venu à proposer un campus en autarcie complète, regroupant commerces, restauration, loisirs, … Un lieu que les étudiants n’auraient finalement plus besoin de quitter, pouvant y trouver tout ce dont ils auraient besoin, sans même se rendre dans les villes voisines.
J’ai souligné ma divergence de point de vue à ce sujet. Depuis bientôt un an et demi, nous travaillons dans la commune à créer des passerelles avec l’Université, à faciliter pour les étudiants la vie à la ville comme la vie au campus. Il existe déjà des ressources locales, qu’il n’y a pas forcément besoin de recréer sur le Plateau : des commerces de proximité, des équipements sportifs et culturels, … Nous pouvons les développer.
Sans compter que beaucoup d’étudiants de l’Université proviennent des villes alentours et continuent à vivre chez leurs parents, pendant leurs premières années de licence. Et que nombre d’enseignants, de chercheurs et de personnels administratifs vivent aussi à Bures et dans les communes alentours. Ce brassage de population, qui existe et se développe aujourd’hui, est une richesse. Les étudiants, comme le reste des habitants, en sont bénéficiaires. Nous devons le préserver dans les années à venir.
Une remarque qui, je crois, a fait son bout de chemin au fil de l’après-midi. Au moment de conclure, les représentants de Saclay côté étudiants ont finalement souligné la nécessité que le campus soit “intégré dans son environnement” et l’occasion d’échanges avec les villes qui l’entourent.
Prochain rendez-vous à l’automne ! L’association Saclay côté étudiants ne compte pas s’arrêter là . Elle organisera, vers le mois d’octobre, un colloque ouvert aux étudiants et aux décideurs du Plan campus. Une nouvelle occasion de débattre et de faire des propositions sur le futur Campus de Saclay. A Bures, nous ne manquerons pas ce rendez-vous ! D’ici là , l’association continuera à relayer l’information et à défendre l’intérêt des étudiants dans ce projet d’envergure nationale.