fév
27

Depuis plusieurs années, l’Etat lorgne sur le Plateau de Saclay, un espace de plus de 2 700 hectares, qui comporte les meilleures terres cultivables d’Europe. Aujourd’hui maître d’une Opération d’Intérêt national (OIN), il a toutes les cartes en main pour transformer ses vues en réalités. Les habitants n’ont qu’à bien se tenir !

L’OIN est en marche. Le 11 février dernier, le décret de lancement d’une Opération d’Intérêt National sur le Plateau de Saclay a été validé par le Conseil d’Etat. Cela alors même que les contours du projet et sa gouvernance ne sont toujours pas clairement arrêtés. L’Etat a donc maintenant en sa possession tous les outils qui lui sont nécessaires pour avancer. Les barrages administratifs sont rompus : l’OIN s’impose aux plans locaux d’urbanisme et de l’habitat, ainsi qu’au SDRIF.

Un projet ambitieux dont la réalité inquiète. Le Plateau de Saclay possède la terre agricole la plus riche d’Europe. L’Etat souhaite pourtant aujourd’hui la mutation accélérée de ce territoire, au profit de la création d’un pôle de compétitivité mondiale en matière de recherche et de développement. Nous apprécions tous l’idée d’un espace où étudiants, chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs de l’innovation travailleraient ensemble, en parfaite harmonie. Mais le problème réside dans sa mise en application sur ce territoire donné. Comment développer ce potentiel scientifique sans réduire et brader ces terres nourricières ? Comment combiner un grand projet d’urbanisme et la préservation du déjà fragile écosystème local ?

Des logements, comme s’il en pleuvait. La principale inquiétude repose sur le nombre de nouveaux logements. Il y a quelques mois encore, Christian Blanc en annonçait la création de 150 000, sur 49 communes entre Massy et Saint-Quentin les Yvelines. L’opposition farouche des associations de sauvegarde et des acteurs locaux, l’amène à nous en présenter aujourd’hui 35 000, mais que l’on craint concentrés sur le Plateau et ses proches environs. Et puis ne soyons pas dupes : il ne s’agit là que d’une première étape. La construction de nouvelles voies de circulation (routières, ferrées), de réseaux électriques et d’assainissement, de mobilier urbain, conduira inévitablement à d’autres opérations immobilières dans l’avenir. D’ailleurs, Christian Blanc ne s’engage à sanctuariser que 1 800 hectares. Comment éviter que les autres terrains ne soient touchés par une hausse conséquente de leurs prix, que les agriculteurs se retrouvent pressés par la fiscalité, jusqu’à être eux-mêmes contraints de vendre à des promoteurs ?

Trop de questions sans réponse. Quels impacts sur l’écosystème et la biodiversité du Plateau de Saclay ? Quel devenir pour les circuits d’approvisionnements courts, qui permettent aujourd’hui à des habitants des communes voisines de consommer des produits cultivés sur ces terres ? Quels risques supplémentaires d’inondations pour la Vallée de l’Yvette, déjà régulièrement touchée par la montée des eaux ? Quels aménagements nouveaux sur les terrains libérés de l’Université ? Ce ne sont là que quelques questions parmi les dizaines qui préoccupent habitants, associations, élus locaux, membres des communautés éducative et scientifique. Les réponses restent rares et imprécises, comme si l’Etat souhaitait finalement mettre tout le monde devant le fait accompli.

fév
24
Filed Under (En France, Non classé) by matthieulamarre on 24-02-2009

Les jeunes engagés dans des actions sociales et solidaires, séduisent de plus en plus les entreprises. Par leur investissement bénévole, ils ont en effet développé des compétences complémentaires de celles qui s’acquièrent au fil d’un cursus académique. Leur adaptabilité, leurs sens de l’esprit d’équipe et des responsabilités, en font des candidats atypiques et de qualité. Christian Leroy, directeur des ressources humaines du groupe Flunch, en témoigne.

Engagé aujourd’hui, dynamique demain. “Tous nos restaurants, sans exception, ont un comité d’établissement avec des représentants du personnel. Devinez qui nous retrouvons principalement à ces postes ? Des personnes qui ont eu, par le passé, des engagements solidaires et qui sont, aujourd’hui, les moteurs du mieux vivre dans l’entreprise.

Cela explique pourquoi nous attachons tant d’importance à un jeune qui a une expérience de bénévole dans une association comme l’Afev [Ndlr : qui organise des campagnes d'accompagnement à la scolarité : un étudiant pou un jeune en difficulté]. Il a su développer par ce biais des compétences comme l’ouverture aux autres et le sens du travail en équipe. Cela crée une dynamique, un esprit de solidarité, qui contribuent à la cohésion de nos salariés et dont nos clients sont les premiers bénéficiaires.”

C’est lui que je recrute. “Le monde s’apprête aujourd’hui à passer un cap, en tournant la page du capitalisme financier débridé. Nous allons enfin pouvoir libérer les énergies des personnes qui travaillent et nous concentrer sur leurs compétences. Celles et ceux qui ont su s’investir pour la société, qui ont une expérience solidaire, vont être plus reconnus qu’auparavant.

Cet idéal, je le pratique déjà à Flunch. Imaginons que deux candidats frappent à ma porte. L’un a un master, l’autre une licence. Ce dernier est moins bien diplômé, mais m’explique qu’il s’est investi pour les autres, qu’il s’est impliqué dans une association… Sans hésiter, c’est lui que je recrute, car je suis convaincu que nous n’arriverons à aucun développement économique viable sans prendre en compte la solidarité et le sens du collectif.

L’engagement social et solidaire est d’autant plus précieux qu’il est complémentaire aux études universitaires. Depuis vingt-six ans que j’enseigne, j’ai pu m’apercevoir d’une chose essentielle : les mises en situation préparant concrètement à l’insertion sociale et professionnelle n’interviennent que très tardivement dans les cursus. L’étudiant qui donne de son temps aux autres bénéficie bien plus tôt des outils nécessaires à son intégration dans la société.”

Expériences diplômantes. “Voilà pourquoi je milite activement pour qu’il y ait des validations des acquis de l’expérience, pour qu’on ne se borne plus à des diplômes qui ne se basent que sur des référentiels parfois anciens et passifs, pour que le fait de reconnaître l’engagement citoyen devienne enfin diplômant en soit. Ce n’est pas encore gagné, mais nous sommes en train d’aller dans le bon sens. Actuellement, je participe par exemple à la finalisation d’un accord qui permettra aux ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur de transformer les expériences d’engagement en une validation d’acquis qui découlera sur un diplôme.

En attendant, nous pouvons tirer partie de la loi LRU, qui permet d’intégrer une personnalité du monde professionnel dans chaque conseil d’administration. Il nous faut entamer par ce biais des rapprochements entre les entreprises et l’enseignement supérieur. Mais cela ne peut se faire sans des gens ouverts, qui acceptent de ne plus s’ignorer profondément et se mettent enfin à travailler ensemble.”

Propos que j’ai recueillis pour le magazine Volontaires (num° 16 - nov 2008) de l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV).

fév
23
Filed Under (En France) by matthieulamarre on 23-02-2009

Une étude britannique, datée de janvier dernier, démontre que le coût de l’échec scolaire au Royaume Uni est nettement plus élevé que le montant que ce pays devrait investir pour pallier toutes les carences de son système éducatif. En France, près de 150 000 jeunes français, soit un cinquième de chaque génération, arrêtent chaque année leurs études sans aucune qualification ni diplôme. Si aucun rapport ne mesure l’ampleur des dégâts économiques en hexagone, il y a tout de même de quoi s’interroger sur la marche à suivre.

36 000 jeunes au Royaume Uni. En janvier dernier, la fondation Every child a chance a publié un rapport alarmant sur les conséquences économiques de l’échec scolaire au Royaume Uni. Dans ce pays, 36 000 jeunes quittent le système éducatif sans un niveau minimum en numératie, c’est-à-dire une maîtrise suffisante du calcul. Un chiffre qui peut sembler négligeable pour certains, mais qui ne l’est sûrement plus lorsque l’on comptabilise le manque à gagner économique qui en découle pour le pays.

Échec scolaire : gouffre financier. Selon ce rapport, cette situation conduit à des surcoûts éducatifs pour 230 millions de £ivres, à des pertes de revenus pour les intéressés et à des indemnités de chômage versées à la hauteur de 1,8 milliards de £ivres. A cela s’ajoutent notamment des dépenses supplémentaires dans les domaines de la justice (délinquance) et de la santé (risques sanitaires) évaluées à près de 260 millions de £ivres. Soit un déficit économique pour le pays, qui avoisine les 2,3 milliards de £ivres par an !

L’Éducation rapporte gros. Si le Royaume Uni investissait massivement dans l’Éducation, afin de réduire à néant les carences en numératie, il économiserait une telle somme et générerait même des profits supplémentaires… d’un montant d’1,6 milliards de £ivres par an. La comparaison est sans appel : investir une £ivre dans le système éducatif rapporterait 19 £ivres à l’économie anglo-saxonne.

Situation comparable en France. 150 000 jeunes français quittent chaque année le système éducatif sans aucune qualification ni diplôme. Cela représente un cinquième d’une génération. Si aucune étude n’a encore évalué l’impact économique de l’échec scolaire en hexagone, il ne fait aucun doute que les conséquences sont au moins comparable - si ce n’est pire - à notre voisin anglais. Quand nos dirigeants prendront-ils réellement conscience de cette situation ?

Garantir l’apprentissage des bases. Pour réduire notre taux d’échec scolaire, les pistes sont nombreuses. François Bayrou en développait plusieurs pendant la campagne présidentielle. En premier lieu, l’objectif que 100 % des élèves sachent lire et écrire à leur entrée en sixième. J’ajouterai à cela, compter.

Renforcer l’encadrement. Cela implique un renforcement de l’encadrement des élèves en maternelle et en primaire. C’est à cette période que l’enfant structure sa pensée et que l’essentiel se joue. Lorsqu’on observe les pays européens modèles, en matière de réussite éducative, on s’aperçoit qu’ils concentrent l’essentiel de leurs effectifs pédagogiques sur les classes élémentaires. Le nombre d’enseignants diminue ensuite progressivement, au fil des études secondaires. En France, nous faisons exactement l’inverse.

Rendre les jeunes acteurs de son parcours. Permettre la réussite scolaire, implique aussi de rendre les jeunes davantage acteurs de leur parcours. Il faut développer l’autonomie et l’épanouissement personnel, par le retour dans l’école des activités manuelles et culturelles, par une dynamique de projet qui permette aux jeunes d’être accompagnés dans leur apprentissage des responsabilités.

Identifier d’autres types de compétences. C’est aussi reconnaître qu’il existe, en complémentarité avec les compétences formelles que l’on acquiert grâce aux cours théoriques, des compétences non formelles qui s’obtiennent par l’initiative et l’engagement personnel. C’est valoriser, reconnaître et certifier ces compétences non formelles qui découlent d’un investissement bénévole et/ou associatif, afin que les jeunes qui ne se sentent pas à l’aise dans un cursus strictement académique puissent trouver leur voie par d’autres biais.

Mais l’optimisme n’est guère d’actualité. Il ne fait aucun doute que ces pistes ne sont pas aujourd’hui celles qu’a choisi de développer le gouvernement. Interventions de police dans les établissements scolaires, recrutement de milliers de surveillants pour fliquer les élèves absentéistes, diminution des effectifs dans l’enseignement secondaire sans augmenter ceux en élémentaire, sabordage des RASED… Il ne fait pas bon être un élève en difficulté sous la présidence Sarkozy.

Alors rêvons… que, demain, la réduction de l’échec scolaire devienne une vraie préoccupation de nos politiques. Rêvons que, pour en venir à bout, nous préférions la prévention à la répression, l’accompagnement à l’exclusion. Rêvons que ces réformes soient enfin transpartisanes et fondées sur le consensus.

fév
20
Filed Under (Non classé) by matthieulamarre on 20-02-2009

Pas d’article depuis quatre jours… Je passe le peu de temps que je consacre habituellement à ce blog, à transférer les données de l’ancien hébergeur jusqu’à la plateforme lesdemocrates.fr. Encore quelques visuels à boucler et quelques fonctionnalités à ajouter et ce sera bon. Je serai alors à nouveau frais et dispo pour commenter l’actualité locale comme nationale.

En attendant, n’hésitez pas à découvrir toutes les facettes du site lesdemocrates.fr, qui regorge de (belles) surprises. A très bientôt !

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